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Lutte contre le gaspillage alimentaire et faisabilité d’une filière inter-associative

31 mai 2018

Dans le cadre de l'appel à projet Pralim, le plan régional pour l'alimentation, l'URIOPSS s'est engagée à réaliser une étude socio-économique à propos du gaspillage alimentaire. Cette étude porte sur le territoire du Grand Dijon et est soutenu financièrement par l'ADEME, le Conseil Départemental de la Côte d'Or, et Dijon Métropole. L'objectif, étant d'établir un état des lieux sur le territoire défini de la lutte contre le gaspillage alimentaire, avec d'un côté, les associations caritatives, des épiceries sociales et solidaires impliquées sur cette thématique, et les Grandes et Moyennes Surface (GMS) de l'autre côté. Une réflexion doit aussi être menée sur l'organisation de la lutte contre le gaspillage alimentaire afin qu'elle soit plus efficiente. Cette étude doit aussi nous permettre d'estimer sur le territoire du Grand Dijon, la quantité en tonnes des gisements potentiels à capter par les associations auprès des magasins.

La structure d'organisation est la suivante : Les associations, têtes de réseaux, comme les Restos du Cœur, le Secours Populaire, etc… peuvent être collecteur de denrées alimentaires auprès des GMS, mais leurs principales fonctions est la redistribution de celles-ci auprès des bénéficiaires de l'aide alimentaire. En revanche, la Banque Alimentaire, ne redistribue pas auprès de ces bénéficiaires et sa principale activité, est la ramasse de denrées alimentaires auprès des GMS. Elle redistribue ces denrées auprès des associations et des épiceries sociales et solidaires, à un très faible prix afin de mettre en balance une partie de ses coûts inhérents à la collecte, au stockage et à la redistribution. Ces structures fonctionnent en grande partie grâce aux nombreux bénévoles, au nombre de 864 sur le département, aux subventions publiques et au mécénat.

L'activité de collecte pour la banque alimentaire représente 1252 tonnes uniquement avec les GMS, il existe aussi d'autres provenances comme le Fond Européen d'Aide aux plus démunis (FEAD), et l'industrie Agroalimentaire, à travers le Fondalim. La demande d'aide alimentaire est croissante ces dernières années, et c'est pour cela qu'il faut trouver des leviers d'amélioration afin de subvenir aux besoins des personnes en difficultés. Pour les acteurs redistribuant les denrées aux bénéficiaires, il est courant qu'ils achètent des denrées afin de compléter leurs paniers-repas.

Pour les GMS, sous le coup d'obligations et d'interdictions avec la loi du 11 février 2016 à propos de l'anti-gaspillage alimentaire, l'objectif est de réduire celui-ci de moitié horizon 2025. 14% du gaspillage alimentaire est à attribuer aux acteurs étant distributeurs des denrées alimentaires. Pour réaliser l'objectif, des dispositions financières incitatives ont été prises afin de favoriser le don alimentaire aux associations, notamment des crédits d'impôts. Sur notre territoire d'étude, il y a 42 GMS, concernées par cette loi, dont 34 ont été identifiées comme étant donatrices. Plus loin que le don alimentaire, la gestion des déchets est aussi un sujet qui doit être abordé et notamment les biodéchets. Une gestion par un moyen non promu par la loi, a pour conséquence des émissions de gaz à effet de serre, estimées à 3% des émissions totales sur le territoire français et des coûts supplémentaires.

Dans le cadre de l'étude, 6 GMS et deux épiceries bio ont été rencontrées afin de connaitre leurs positionnements et leurs actions par rapport à la thématique. L'analyse de ces rencontres montre que la diversité des modèles économiques de chaque magasin va fortement influencer les stratégies en matière de dons et de qualité de ces dons. Les relations entre les GMS et les associations sont de bonne qualité et il faut s'appuyer sur ce constat pour les développer. Un travail de fond est à mener par rapport à la gestion des biodéchets et de leurs types de prise en charge mentionnés dans la loi anti-gaspillage.

La restitution des résultats est prévue le 27 avril, suite à quoi, nous ferons un retour plus approfondi sur cette étude.

Mai 2018